1938

Lettre à James T. Farrell (7752), traduite de l’anglais, avec la permission de la Houghton Library.

Source : Léon Trotsky, Œuvres 19, octobre 1938-décembre 1938. Institut Léon Trotsky, Paris 1985, pp. 263.

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Trotsky

Léon Trotsky

Œuvres

[Accusé de réception]

(20 décembre 1938)

Cher James Farrell,

Beaucoup de remerciements pour votre excellente lettre. Mais vous me mettez dans une position trop « aristocratique » en m’envoyant à moi personnellement des informations aussi intéressantes sur l’Irlande. Ne les jugez-vous pas dignes d’être publiées ? Cependant pas dans le rachitique Call [1], qui semble entrer dans son agonie mortelle naturelle.

Je suis très heureux d’apprendre que Hortense [2] ne nous est pas du tout hostile. J’espère que dans la prochaine période nous aurons une grande satisfaction morale après la période de persécution stalinienne, parce que leur domination sur les intellectuels aux États ne durera pas longtemps.

Rosmer aussi m’a écrit le plaisir qu’il a eu de ses rencontres avec vous [3].

Notes

1

The Call était l’organe de la fraction centriste du parti socialiste, un hebdomadaire dans lequel Farrell publiait des contributions sur des sujets littéraires.

2

Il s'agit de Hortense Alden (née en 1903), une actrice qui avait commencé dès 1919 une carrière au théâtre à Washington, puis New York. Très connue, elle avait épousé James T. Farrell au sommet de sa gloire littéraire et l’avait accompagné à Mexico chez Trotsky. Ce dernier – dans une lettre que nous n’avons pas publiée où il le remerciait de l’envoi de son roman No Star is Lost, le 1° décembre – l’avait interrogé, dans une parenthèse : « Ce qu'on m’a dit est-il exact, que Mme Farrell soit une terrible ennemie de la IV° Internationale ? », ajoutant : « Je ne peux le croire. »

3

Il était né de ces rencontres un lien amical entre Farrell et Rosmer que seule la mort devait interrompre